Texte réflexif
L’héritage des troubles. Je souffre d’un trouble anxieux depuis toujours. L’origine de ce trouble est encore à ce jour incertaine, je possède quelques clés d’analyse, mais pas suffisamment pour m’en détacher. Ce trouble caractérise d’une certaine manière mon identité puisque je me suis construite autour de celui-ci. Cela fait à peu près un an que je sais que j’habite avec ce trouble ou, inversement, que ce trouble habite mon corps et mon esprit.
J’ai commencé en 2013 une série de photographies argentiques en noir et blanc, suite à la lecture de Détruire, dit-elle de M. Duras. « Détruire, dit-elle » est un roman qui raconte l’histoire d’une femme, Nathalie Granger, qui mène une vie en apparence tranquille, mais elle est profondément troublée et désemparée par le monde qui l’entoure.
Sans le savoir, grâce à cette pratique photographique, je traitais déjà d’un trouble intérieur profond qui me parasitait au quotidien. Ainsi, le fait de m’exprimer à travers l’image et l’écriture me permet de m’échapper de cette étreinte parfois insupportable.
La série évoque les démences et les maladies mentales. Les territoires intimes montrent des indices corporels, des fragments d’énigmes, une géographie intérieure. Le délire féminin est associé au concept d’hystérie. Le rêve et la réalité se confondent. Dans une atmosphère entre huis clos et errances extérieures, un personnage féminin habite l’espace intemporel. L’attente. Le temps est suspendu.
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